Les convenances en politique nont nullement déteint
sur le langage du professeur BADO. Le candidat à la présidentielle de
novembre prochain, pour atypique quest lhomme, aura surpris plus dun
de par ses propos « non conventionnels » pour quelquun qui cherche à
sattirer des suffrages.
Pendant que les autres compétiteurs
se fendent en paroles dithyrambiques pour flatter les électeurs, lui se
fiche de ce quils lui apportent ou pas leurs voix ; sa seule
satisfaction, cest de pouvoir leur annoncer « lapocalypse » qui
surviendrait au pays sils nont pas la lucidité de le porter à la tête
de lEtat.
Que lon vote pour lui ou pas, le candidat BADO Laurent
sen « gnagne » ! Lhomme na aucunement châtié son expression pour
aborder les électeurs. Partout où il est passé pour la campagne
présidentielle, sa vulgarité dans lexpression, ce qui plait du reste,
se la dispute aux propos apocalyptiques quil tient tel un illuminé à
son auditoire. « Je suis simplement venu vous dire que notre pays court
un danger et je viens vous donner la voie à suivre pour léviter ».
Ya-t-il message plus fort que cela ?
On a en tout cas limpression que le candidat BADO a
opté de marteler les esprits, dagresser la conscience ou de titiller
le subconscient des électeurs pour les forcer au dernier sursaut de
lucidité qui les amènerait à ne mettre dans lurne, le 13 novembre
prochain, que des bulletins de vote à son profit.
Ceux qui nauront pas compris la subtilité du langage
ont vite cru que le Professeur BADO, comme il la toujours clamé, na
que faire du pouvoir des hommes, lui qui dédaigne les plaisirs de ce
monde. Erreur ! Comme dit dans la pub. Lhomme a sa méthode pour
atteindre ses fins. Pourquoi devrait-il faire comme les autres ?
Les « balivernes » politiques ont lassé les gens ; il
faut à leur endroit une autre approche et celle quil a adoptée a fait
ses preuves dans dautres domaines. Par exemple, les églises et
mosquées ne se vident-elles pas souvent au profit de certaines
« tavernes » dont les tenanciers usent à merveille de la rhétorique
apocalyptique ?
Lélecteur est averti. Pour BADO Laurent, sans lui et
son tercérisme au pouvoir, le Burkina, dans les sept (07) à dix (10)
années à venir, connaîtra la catastrophe ; il ne sera pas à labri de
ce qui se passe ailleurs sur le continent : guerre civile, crise
économique, généralisation du banditisme...
La panacée que compte apporter le futur président BADO
pour exorciser la tendance funeste tire ses fondements du grégarisme
africain qui allie harmonieusement liberté individuelle dentreprise et
solidarité communautaire ; des principes séparément magnifiés par les
idéologies capitalistes et socialistes.
Le père du tercérisme fera-t-il mouche par son langage
qui tranche davec celui de ses adversaires dans la course
présidentielle ? Cest certainement le plus grand mal quil se
souhaiterait secrètement même si le sondage du CGD ne le crédite pas de
grandes chances, lui qui est en mesure en un laps de temps dapporter
la prospérité au Faso. Des idées pour bâtir le Faso, il en est plein ;
cest pourquoi dailleurs il a toujours prôné la « politique des
idées » et non celle du ventre et des intérêts égoïstes.
Ainsi à toutes les étapes de ses rencontres avec les
populations, il soutient ceci : « Je ne suis pas venu parler à vos
ventres. Je suis venu parler à votre intelligence ». Car pour lui, ce
sont les peuples qui font leur histoire et quand les dés de lhistoire
dun peuple tombent, il faut des échines fortes pour se courber et les
ramasser. Et cest ce que son parti le PAREN ambitionne de faire en
rassemblant femmes et hommes de bonne moralité qui croient en lhomme,
à la transcendance de lêtre sur lavoir, à lindissociabilité de la
liberté et de la solidarité pour une société de paix, de justice et de
fraternité. Ce message a-t-il convaincu, le résultat du 13 novembre
nous le dira. Une chose est sûre, Laurent BADO est convaincu que son
programme de gouvernement est quantifiable, mesurable, mais surtout,
inattaquable par ses adversaires.
Tout au long de la campagne, lhomme a refusé de céder
à la tentation des promesses électorales quand bien même son projet de
société, selon lui, est la seule alternative pour sortir le Burkina
Faso de la pauvreté. Il fait de lagriculture la locomotive de
léconomie nationale. Le secteur sera prioritaire, dynamisé avec une
nouvelle politique agricole qui conduira à linstallation des jeunes
ruraux en communauté de production agropastorale de 10 ou 15 membres.
Le retour aux valeurs ancestrales positives, à lidentité culturelle
burkinabè est une condition sine qua non pour le professeur candidat
pour la mise en uvre adéquate de son Tercérisme.
Les questions de leau, du chômage, de la santé, de
léducation, de lhabitat et la voirie urbaine, de ladministration, de
la Fonction publique, de la justice, de la défense nationale, etc. font
parties dun schéma quil mettra en uvre si, comme il le dit lui-même,
par hasard, il est élu au soir du 13 novembre. Cest dire quil est
quelque part convaincu quil ne sera pas plébiscité par les Burkinabè,
mais pour lui, peu importe. Lessentiel cest quil aura prévenu son
peuple de ce qui lattend : lenfer.
Pour une campagne atypique, celle du professeur BADO, lest assurément.
Point de grands tapages mais des propos centrés sur un
message clef : ne pas voter BADO Laurent, cest ouvrir lenfer sous les
pieds des Burkinabè. Dans quelques jours, ceux qui ont entendu et qui
ont été pénétrés par ces paroles « prophétiques » pourront soit pousser
un ouf de soulagement ou alors... commencer le compte à rebours.
Toujours est-il que tous les Burkinabè seront heureux si sa prédiction
finissait comme celle de tous ces illuminés qui ont prévu pire que cela
et depuis des lustres.
Par Frédéric ILBOUDO
LOpinion